Fédération de Cercles Celtiques hors Bretagne

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Réflexions / WL – WLD et vous cercles, groupes, danseurs

[Construit à partir d’un message lu à l’AG de la kevrenn Orleans]

Objet : exprimer et rappeler le rôle et le sens de War’l Leur, de la confédération et de la fédération Divroet.

Ce  qui  nous  réunit  au sein  de  cette  confédération,  de  ses fédérations,  de ses cercles,  de ses groupes,  de ses adhérents
c’est bien entendu la danse Bretonne.
Mais  dans ce schéma  (danseurs adhérents, groupes, fédé, etc)
qui donc à besoin de qui ?

Le premier décembre dernier plusieurs ateliers de réflexion  (sur
le rôle de War’l Leur) ont eu lieu à Elliant portant sur :
• la formation,
• le visionnage,
• les relations fédé et confédé,
• la vie des cercles

En   quelques   mots  on  en  retient  que  parfois  les rôles et la séparation   fédé / confédé / cercles   n’est  pas  toujours clair et
qu’un  effort doit être fait en ce sens.  Mais on retient  aussi que
tous comptent et reconnaissent le  travail de  War’l Leur  concer-
nant la formation et la «conservation» du patrimoine (référents
en danse, costume, broderie, etc…). Il est noté aussi que chacun  attend  un  rôle  d’animateur, de fédérateur, de démarcheur de
la part de la confédé ou de la fédé.
On arrive alors à notre question initiale : qui à besoin de qui ?

Bien entendu sans cercle pas de fédé ni de confédé.

Mais sans fédé ni de confédé  peut-on imaginer qu’un travail de collectage  et  de  formation  pourrait  être  fait  avec  la même efficacité, la même ampleur, la même cohérence ?  Bien sur que
non !
Donc  sans  fédé  ou  confédé,  pas  de  mutualisation,  pas  de visibilité, pas de communication, pas d’échanges, pas de force… Accessoirement   sans  confédé,  pas  de   visionnage,   pas  de classement, pas de promotion  vers  les festivals,  pas de fêtes
War’l Leur, …

Donc  si sans les cercles les fédés  et la confédé  n’auraient pas
de sens,  sans fédés ou confédé donc sans mouvement fédératif
sans doute  que la culture  Bretonne  ne serait pas là ou elle en
est, pas aussi structurée pas aussi forte et demandée…

L’un à besoin de l’autre et réciproquement et l’un et l’autre doivent en être conscient et y être sensible !

Continuons  alors  à  avancer ensemble,  en bonne écoute et en  bonne  entente.   De  grâce  conservons  en   Divroet  cet esprit 
de  grande communion et d’échange, n’oublions pas que derrière
la fédé il y a des groupes.
Surtout ne tombons pas dans le travers,  maintenant communé-
ment  constaté  en Bretagne,  les bagadou ne bossent que pour
le concours,  les cercles payent  des sonneurs et la confédé doit
me classer en  1ère  ou  2nd ( parce qu’on est les meilleurs)  et surtout nous donner des sorties !

Donc  je  vous  invite  à  continuer à soutenir les actions de ces
fédés  et  de  la  confédé   ( allez  aux  stages,   proposez   des visionneurs,  apportez  des  idées,  du  temps…). Notre force en Divroet (parfois notre faiblesse) c’est bien notre distance. Cette distance qui nous évite dans une trop grande promiscuité (com-
me en Bretagne)  de trop de concurrence entre cercles…   Hé oui  
le mot est lâché :  concurrence !  Au lieu  de faire  une  force du nombre  autour  de   fédérations   fédératrices ,  les  cercles  en Bretagne  se  déchirent  de  se  concurrencer pour les sorties, le classement   n’est  plus  une  saine  émulation  portant  tout le
monde  vers  le haut mais une sorte de graal conduisant les uns
et  les  autres  à  « jouer des coudes »  (comme par exemple de démarcher  les  meilleurs  danseurs  des  groupes  voisins) , car meilleur  classement  égale  meilleures sorties et donc meilleurs cachets…

Loin de là de telles considérations chez nous en Divroet !

Conservons  à  l’esprit  que  la  culture  Bretonne est une culture ouverte  pour  preuve  ces  danses de chaînes qui se constituent
sans distinction d’âge, de couleur, …, ou de niveau.
Peu importe les imperfections,  peu importe ce que peu écrire au détour  d’une  phrase  un visionneur, peu importe les paroles qui peuvent  être  dites sur l’instant,  peu importe les jugements qui peuvent être portés, retenons cet instant de partage, de commu-
nion, retenons ce plaisir qui fut offert et donné…
Sachons   également   écouter   et   entendre  les  messages  de félicitations  venant  de  nombreuses  personnes (en Bretagne et ailleurs)  s’étonnant parfois (eux n'y arrivant plus) de ce que sait
faire Divroet (en particulier cette image de solidarité…).

Sachons  néanmoins  conserver  nos  traditions et l’esprit qui les accompagne.  Respect du costume, respect de la danse.  Danses
de fest noz oui mais pas en costume, défilé, prestation scénique
oui,  mais pas de cavalcade ou  de prestation inappropriées.  Un costume oui,  mais pas un déguisement,  une danse oui  (même chorégraphiée),  mais  pas un défouloir genre fest noz.  Un beau costume, traditionnel, « conforme » mais svp des cheveux longs,
et pas de bijoux « modernes »…
Simplicité oui, mais également rigueur,  sans prise de tête, sans intégrisme,  juste imaginer ce qu’ils auraient fait à l’époque avec
ce costume, avec cette coiffe…

Les groupes  progressent  par leur travail (bien entendu), en cela
les  actions  de  formation  de War’l Leur et Divroet  sont essen-tielles,  mais  c’est  également par l’observation et par l’échange
avec d’autres cercles qu’il est possible de progresser…

La  force  de  Divroet  c’est  aujourd’hui  cette envie d’apprendre,
cette  volonté  de  bien  faire  et  cette  grande solidarité. Je l’ai particulièrement vu à Goussainville lors du dernier stage de pose
de coiffe et d’amidonnage…
Continuons sur cette dynamique,  tout le monde a à y gagner, la culture Bretonne en particulier !

 

 


Yann CHAMAILLARD
Président War’l Leur Divroet – Janvier 2008